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Les musardises de ParisiAnne

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Culture, littérature et découvertes. © Les musardises de ParisiAnne


Polina Panssenko, A voix haute

Publié par Parisianne sur 10 Septembre 2026, 11:55am

Catégories : #Lecture

Polina Panssenko, A voix haute

Une jeune auteure que j’aime particulièrement, Polina Panassenko, vient de sortir son deuxième roman, A voix haute aux Editions de l’Olivier, trouvé bien sûr chez mon libraire La montée du soir
J’avais beaucoup aimé le premier, Tenir sa langue, récompensé en 2022 par le Femina des lycéens et que j’avais partagé aux Nuits de la lecture sur le thème des Patrimoines, en offrant un extrait en lecture à voix haute.


La langue (les langues pour Polina Panassenko qui voyage entre le français et le russe) est un patrimoine que je ne me lasse pas d’explorer à travers la lecture.

En français, un mur sans ouverture s’appelle un mur aveugle. En russe, ça s’appelle un mur sourd. Pour trouver un passage, il faut le tâter à l’oreille. Entendre le silence. Le son en creux de ce qui ne se dit pas. C’est par là que ça commence. Par le nom de mon arrière-arrière-grand-père que j’entends pour la première fois. 

Polina Panssenko, A voix haute

C’est la découverte de cet aïeul dont on ne parle qu’à voix basse qui incite la narratrice à renoncer à l’Ecole du Théâtre National de Moscou où elle avait, malgré sa vie française, été admise.
En Russie où elle séjourne chez son grand-père, la jeune fille de vingt-ans se lance dans la quête des vérités pour rendre à sa famille la mémoire d’un père broyé par le système et mort au goulag.

C’est peut-être un mot qui me manque. Un mot qui dirait la naissance d’un mort dans la vie d’un vivant. Parce qu’il y a les vivants qui naissent, il y a les vivants qui meurent. Et puis, il y a les morts qui naissent dans la vie des vivants. Les morts dont on ignorait l’existence et qui un jour apparaissent dans la nôtre après des années passées à l’orée de l’invisible. Ceux-là, il leur manque un mot dans le dictionnaire. Un mot pour eux, un autre pour le moment de leur apparition dans la vie du vivant et encore un troisième pour l’impact qu’ils y produisent. 

Un très beau moment qui nous transporte dans la Russie d’hier et d’aujourd’hui, dans la grandeur des textes et la beauté des espaces, dans les drames des purges arbitraires et les horreurs des camps.
Un bel hommage porté par une langue fine et choisie qui donne envie de replonger dans la littérature et la musique russes. D'ailleurs, sur ma page Instagram Artysanne 75 que certains d'entre vous connaissent, j'ai accompagné ces mots d'une sonate pour piano de Prokofiev, lui aussi victime, d'une autre manière, des abus du pouvoir soviétique.

Polina Panssenko, A voix haute
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M
Je n'ai pas encore lu le premier mais j''ai déjà ajouté celui-ci dans mes longues listes. Je finirai bien par le croiser en médiathèque. Merci pour ta chronique intéressante. Bises
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A
Un roman qui va un peu plus loin que son premier. Une autrice qui affirme un peu plus ce qu'elle a à dire.
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