Contredire Musset, il faut oser me direz-vous ! Et bien j'ose parce que pour moi le "flacon" compte au moins autant, si ce n'est plus, que "l'ivresse" !
Et là, je vous sens perplexes. N'ayez pas peur de le dire, vous vous demandez sans aucun doute où je veux en venir, vous vous dites même "mais que lui arrive t-il, aurait-elle abusé des élixirs du flacon, serait-elle partie pour des paradis artificiels ?"
Que nenni, aujourd'hui, parlons : vaisselle ! Là, je reconnais que c'est un de mes (nombreux) points faibles, j'adore la vaisselle !
On les appelle les arts de la table. Inséparables d’un autre art, celui de la gastronomie, ils sont, depuis plus de trois siècles, le reflet d’un certain art de vivre à la française. La céramique, l’orfèvrerie et la verrerie expriment les innovations, les goûts et les mœurs des époques qui les ont vu vivre.
Mes grands-mères, ma maman, et maintenant ma belle-maman et sa maman (que je n'ai pas connue) - vous suivez ? - m'ont laissée gardienne de leur vaisselle !
Il faut dire que de toutes ces dames, en particulier du côté maternel - parce que par bonheur mon papa a des sœurs et j'ai donc la chance d'avoir deux tantes adorables - il n'en reste qu'une et je suis celle-là !
Donc voilà, la vaisselle encombre nos buffets et placards, certes, mais c'est tellement chouette de pouvoir profiter de ces héritages qui nous offrent de jolies tables que j'accorde aussi souvent que possible aux fleurs du jardin.
Saviez-vous que les fleurs n'apparaissent sur les tables qu'à la fin du XVIIe siècle ? Avant cela, pas réellement de décor, et avant le XIXe siècle pas non plus, dans les demeures, de pièce dédiée essentiellement à la salle à manger. Bien souvent, on installe les tables en fonction du nombre de convives, peut-être aussi de la saison, dans une pièce ou une autre.
Les nappes de couleurs font également une apparition tardive, vers les années 1920, on opte auparavant pour des nappes blanches, parfois monogrammées.
C'est passionnant de voir l'évolution au fil des siècles. Vous aurez tous entendu parler des services dits "à la française" (tous les plats sont sur la table) ou "à la russe", le service est fait par des valets qui proposent chaque plat aux convives.
J'ai pour habitude, pour des questions de pratique et de dressage des assiettes, de servir en cuisine la plupart du temps. Mais, pour être honnête, je ne fais jamais de grande tablée ! Et vous ?
Les premiers modèles de tasses sont appelés « tasses à moka », du nom d’une variété de café originaire d’Arabie. En faïence ou en porcelaine, ces tasses sont cylindriques, assez hautes et disposent d’une anse verticale. Les lignes des tasses évoluent peu depuis leur naissance, mais une tendance s’affirme assez vite : les récipients réservés au chocolat ou au thé s’évasent davantage… D’une contenance plus importante, on parle de « tasses à déjeuner » ; plus petites, ce sont les modèles moka.
Les assiettes, les couverts, les verres bien sûr et les plats de service, c'est un monde merveilleux ! Mais je reconnais une vraie faiblesse pour les services à thé et à café ! Rien de plus élégant qu'une jolie théière, une belle cafetière un peu ancienne, un sucrier et un pot à lait, non ? Et même les tasse à expresso que nous utilisons souvent aujourd'hui ne manquent pas d'un certain intérêt !
Le premier vrai grand service est créé pour le roi Louis XV, par la manufacture de Vincennes. En faïence, sur fond bleu céleste, il a un succès immédiat, et son prix est bien inférieur à celui de la vaisselle d’or et d’argent. Les assiettes en céramique sont gaies et colorées, et ne risquent pas d’être fondues pour renflouer les caisses du royaume…
Entre les grandes marques, Vincennes, qui deviendra Sèvres, Chantilly, Creil, Limoges bien sûr, mais aussi Sarguemines, ou Gien, et les nombreuses autres ; entre la porcelaine tendre et la faïence fine, il y a beaucoup à découvrir et je suis loin de maîtriser le sujet, mais nous y reviendrons sûrement parce que la question m'intéresse.
Et qui sait si un jour, à force de parler vaisselle, je ne finirai pas par parler cuisine ?
Bibliographie, parce que forcément tout passe aussi par les livres !
Les Arts de la table français, Inès Heugel, Les Carnets du chineur. Editions du Chêne, 1998
La Passion des arts de la Table, Inès Heugel, photosChristian Sarramon. Editions du Chêne, 2005
Vaisselle vintage, Christine Pomeau-Peyre et Carine Albertus, photos Julien Chamoux. Editions Hoëbeke, 2009
Bien sûr je n'ai pas que la vaisselle des grands-mères, il faut bien aussi un peu de modernité !
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