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Les musardises de Parisianne

Pierre Lemaitre, Miroir de nos peines

18 Juin 2020, 10:47am

Publié par Parisianne

Pierre Lemaitre, Miroir de nos peines

Regardant l'appentis, la cour en terre battue, la maison, elle vit dans ce décor, comme si elle le découvrait, une métaphore de sa vie, elle sentit les larmes lui monter aux yeux. [...]
Louise avait dix ans. Elle avait pris l'habitude, lorsqu'elle rentrait de l'école, de monter le rejoindre pour gâcher de la pâte à papier, colle des perles, des rubans, peindre, il y avait des dizaines de masques accrochés aux murs, un pour chaque état d'âme.

Ici s'achève le cycle Les Enfants du désastre, initié par Au-revoir là-haut, Goncourt 2013.

Je m'aperçois que je n'ai jamais pris le temps d'écrire sur le deuxième, Couleurs de l'incendie, je reconnais n'en garder qu'un souvenir très flou. Je crains qu'il en soit de même pour ce dernier opus. Je n'ai rien contre les grandes fresques, et l'écriture de Pierre Lemaitre toujours parfaitement maîtrisée rend la lecture plaisante mais je n'ai pas retrouvé dans les deux derniers volumes l'originalité du premier.

La construction ici alterne entre les différents personnages et l'on sent au fil des pages des rapprochements inévitables. Il faut entrer dans le texte pour se laisser prendre par ces parcours si divergents mais qui finiront par ce rejoindre.

On retrouve ici Louise, la petite fille attachée à Edouard Péricourt dans Au-revoir là-haut. Louise avait dix ans au sortir de la Grande Guerre et là voilà en avril 1940 propulsée violemment dans une nouvelle tourmente alors même qu'elle vient de subir un traumatisme en étant le principal témoin, et presque acteur, d'un suicide qu'elle ne s'explique pas (moi non plus d'ailleurs, du moins dans sa mise en scène). Les histoires s'emmêlent à l'Histoire, les personnages prennent au fil des pages une consistance qui rend attachant même le plus voyou d'entre eux, et la lecture est plaisante. J'ai pourtant le sentiment d'être restée un peu au bord de la route et de n'avoir pas su rejoindre la chapelle abandonnée !

Quelques épisodes font des parallèles avec la société d'aujourd'hui bien sûr, et d'un point de vue historique je n'avais jamais pensé à l'exode des prisonniers déplacés d'une prison à l'autre qui reste un point à creuser par curiosité mais l'ensemble m'a semblé un peu long et la fin relativement sans surprise.

L'avez-vous lu ? Qu'en avez-vous pensé ? Je suis curieuse de vos retours

Pierre Lemaitre, Les Enfants du désastre, chez Albin Michel

  • Au-revoir là-haut
  • Couleurs de l'incendie
  • Miroir de nos peines
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I
Je partage votre sentiment, j'avais été sous l'emprise du premier ouvrage et beaucoup moins sur les deux autres, peut-être troublée par le film. Mais cela reste un beau travail. <br /> Isabelle
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