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Les musardises de Parisianne

Trois petites histoires de jouets, Philippe Claudel

6 Mars 2013, 10:46am

Publié par Parisianne

Ces histoires, c'est Philippe Claudel qui nous les raconte. Et comme toujours, il le fait avec talent.

 

Le titre pourrait évoquer la douceur de l'enfance, des couleurs acidulées et des parfums sucrés.  Ce serait trop simple.

 

Bon anniversaire Monsieur Framottet !

Mains et merveilles !

Pierrot Lunaire

Trois nouvelles aux titres évocateurs de fêtes et de rêves et finalement, trois leçons de vie et d'Histoire, portées par des personnages pris dans la tempête de sentiments divers ; l'orgueil qui mène à la chute, le renoncement (contraint) qui conduit à la mort, le détachement qui ouvre à la vérité.

 

"La rue descendait en pente douce vers le ruisseau et la tournerie. Le soleil commençait à brûler les cimes des arbres sur la crête. Bientôt, tout le village prendrait feu, et cet incendie sans dommage serait le signal du jour, de la vie qui reprend, des sons et des voix qui battraient de nouveau l'air et le vent."

 

Trois petites histoires que je vous invite tout à lire pour en savourer le plaisir des mots.

Trois petites histoires de jouets, Philippe Claudel

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Heureux les heureux, Yasmina Reza

4 Mars 2013, 06:17am

Publié par Parisianne

Voilà un livre qui porte merveilleusement bien son titre, Heureux les heureux ; ils peuvent l'être heureux ces heureux si rares et même presque inexistants ! Et l'épigraphe confirme :

"Heureux les aimés et les aimants et ceux qui peuvent se passer de l'amour.
Heureux les heureux.
" Jorge Luis Borges

 

N'ayant jamais rien lu de Yasmina Reza auparavant, ma curiosité a été piquée par quelques émissions de radio entendues dernièrement. Une jeune femme qui semble d'une grande sensibilité, un peu écorchée et s'exprime avec autant de facilité que de retenue, il n'en fallait pas plus pour me donner envie de découvrir son dernier roman.

Heureux les heureux n'est pas un roman à la trame classique, ce sont des monologues,  des portraits d'hommes et de femmes tous liés entre eux : liens du mariage, liens familiaux, liens amicaux ou amoureux mais liens ténus quoiqu'il en soit. On retrouve d'un portrait à l'autre des personnages précédemment rencontrés et le tout s'enchaîne et s'emmêle, comme dans une comédie de la vie avec ses joies --plutôt rares-- et ses déconvenues --nombreuses. Au final, tous ces liens mettent en évidence une véritable solitude, ce n'est guère optimiste même si l'une des protagonistes dit "on apprend à être seule" ! 

D'une plume tantôt acerbe, tantôt pleine d'un humour noir et grinçant, l'auteur nous entraîne donc dans une observation d'un quotidien plutôt sombre et lorsqu'enfin on a l'impression que quelque chose de lumineux peut arriver entre deux êtres, "j'ai commencé à éprouver un sentiment, je veux dire un vrai, à ce moment là ", d'une simple phrase tout bascule "[...] j'ai éprouvé la catastrophe du sentiment. Il n'avait jamais été question de ce genre de bêtise. "

Aucun sentiment n'échappe à la catastrophe ! Parents et enfants, maris et femmes, maîtresses et amants, même les amis, rien ne semble rendre heureux et si l'on se surprend à sourire parfois, " [...] il y a un moment où sous la courtisane perce la bonne femme "dit l'un des personnages à propos de sa maîtresse, c'est souvent un rire amer devant la fatalité qui conduit irrémédiablement à la déception. L'un des acteurs explique " [...] être heureux, c'est une disposition. Tu ne peux pas être heureux en amour si tu n'as pas une disposition à être heureux. "

" Les hommes traversent le même brouillard.  " personne donc n'est épargné. Et Yasmina Reza, avec un sens aigu de l'analyse et un style efficace sans fioritures, déroule devant nous un éventail de situations navrantes, sordides, parfois crues qui nous donnent envie d'aller vers la lumière.

"Les émotions sont assassines. Je voudrais que la vie avance et que tout soit effacé au fur et à mesure. " peut-on lire dans la bouche d'une des nombreuses femmes qui traversent ces pages. 

N'effacez rien, lisez et soyeux heureux !

 

 

 

Heureux les heureux, Yasmina Reza

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Newsletter et infos pratiques

3 Mars 2013, 08:20am

Publié par Parisianne

Message pratique !

 

Pour ceux qui le souhaitent, la Newsletter est maintenant active. Il suffit de laisser votre adresse mail, de valider le lien qui vous sera transmis par message et vous recevrez les notifications à chaque mise en ligne d'un nouvel article. 

D'autre part, vous aurez sans doute remarqué que chaque article appartient à une rubrique, ces dernières sont répertoriées dans les "tags".

A côté, dans "Pages",  un récapitulatif des lectures avec un classement alphabétique par auteur.

Un dernier point, je n'ai aucune maîtrise sur la variation de taille de caractères, c'est un bug auquel je ne peux rien faire, je suis désolée de la gêne occasionnée mais je suis certaine que le staff overblog va régler le problème.

Je vous remercie de me suivre régulièrement, et vous souhaite un très beau dimanche avec le soleil !

Anne

 

 

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Tout doucement

2 Mars 2013, 21:32pm

Publié par Parisianne

Tout doucement vient le printemps...

Tout doucement
Tout doucement
Tout doucement
Tout doucement
Tout doucement
Tout doucement
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850 ans et toujours de la voix

2 Mars 2013, 16:27pm

Publié par Parisianne

850 ans et toujours de la voix

Si dans la nuit du 25 février les neuf cloches se sont envolées pour rejoindre leur emplacement, ce n'est que le 23 mars qu'elles nous offriront de concert leur première volée !

Notre-Dame a 850 ans et pour cette occasion, de nombreux travaux ont été entrepris, dont celui de lui rendre sa voix telle qu'elle était au XVIIIe grâce à l'arrivée de 9 nouvelles cloches, huit fondues dans la Manche à Villedieu-les-Poêles et un petit bourdon fondu aux Pays-Bas. Le nettoyage complet de l'orgue étant aussi au programme des réjouissances, la vieille dame va pouvoir s'en donner à "choeur joie1".

Une très belle émission Des racines et des ailes a été consacrée à Notre-Dame, si vous ne l'avez pas vue, je ne saurais trop vous inviter à la regarder en replay, c'est vraiment intéressant et émouvant de voir le plaisir des fondeurs et de la jeune femme (Virginie Bassetti) qui a travaillé les décors.

Les huit cloches ont été fondues dans la Manche, à Villedieu-les- Poêles, le bourdon a été fondu aux Pays-Bas. 

Chaque cloche porte un nom rendant hommage à des saints ou des personnages ayant marqué la vie du diocèse ou de l'église.

Le petit bourdon se prénomme Marie, en l'honneur de la Vierge Maris bien sûr mais également parce que le premier bourdon fondu en 1378 portait déjà ce nom. 

Ensuite, viennent par ordre de taille décroissant : Gabriel, Anne-Geneviève (Geneviève est la patronne de Paris), Denis (en l'honneur du premier évêque de Paris), Marcel, Etienne, Benoît-Joseph, Maurice et  Jean-Marie.

Exposées dans la nef pendant quelques semaines, les cloches ont attiré de nombreux croyants mais aussi simplement des touristes et des curieux ravis de les admirer. Elles sont allées rejoindre le gros bourdon Emmanuel. Les deux bourdons se trouvent dans la tour sud, les huit cloches dans la tour Nord.

Il ne nous reste plus qu'à attendre le 23 mars à 17h.

 

*************

1- Vous me pardonnerez cette facétie orthographique, l'expression véritable à "coeur joie" née au XVIIe signifie que l'on accomplit quelque chose avec la joie au coeur. Mais pour ce qui est de donner de la voix, j'ai volontairement opté pour le mot choeur ! 

850 ans et toujours de la voix
850 ans et toujours de la voix
850 ans et toujours de la voix
850 ans et toujours de la voix
850 ans et toujours de la voix
850 ans et toujours de la voix
850 ans et toujours de la voix
850 ans et toujours de la voix
850 ans et toujours de la voix
850 ans et toujours de la voix

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Les Déferlantes, Claudie Gallay

1 Mars 2013, 10:47am

Publié par Parisianne

Les Déferlantes est le livre par lequel je suis entrée dans l'univers de Claudie Gallay. Et je ne regrette pas d'avoir tourné ces pages là.

 

Nous voici en Normandie, tout là-haut à la Pointe du Cotentin, à la Hague très précisément, dans ce coin sauvage dont le nom fait frémir par ce qu'il évoque, mais qui est pourtant si beau.

 

Je l'avoue sans honte, c'est l'évocation de cette région qui m'a attirée dans ce roman. L'envie de retrouver des sentiers parcourus.

Dans les premières pages, le style m'a décontenancée puis progressivement, je me suis laissé prendre par cette écriture tantôt lancinante comme peut l'être le mouvement des vagues sur la plage, tantôt cinglante comme le vent.

 

La narratrice, dont on ignore le nom, est venue fuir son histoire dans la rigueur silencieuse de la côte. Elle compte les oiseaux comme elle compterait les heures qui l'éloignent de son amour mort. Puis, un jour de tempête, arrive Lambert, un homme en quête de vérités. Ensemble, ils vont arpenter la lande, chacun cherchant sa lumière.

" Qu'est-ce qui fait que l'on s'éprend, comme ça, au premier regard, sans jamais s'être vus avant ? Il y a des rencontres qui se font et d'autres, toutes les autres qui nous échappent, nous sommes tellement inattentifs... Parfois nous croisons quelqu'un, il suffit de quelques mots échangés, et nous savons que nous avons à vivre quelque chose d'essentiel ensemble. Mais il suffit d'un rien pour que ces choses là ne se passent pas et que chacun poursuive sa route de son côté. "

Leur chemin est parsemé de drames et de rencontres mais surtout de silences, de ces silences de mer lourds et forts à la fois dans lesquels le vent et les vagues s'engouffrent sans scrupules.

 

La Hague est un pays rude, ses habitants ne le sont pas moins. Tout se paye et la mer ne rend presque jamais ce qu'elle prend.

Lili et sa colère, la Mère et ses peurs, le vieux Théo et ses chats, Monsieur Anselme et son obsession pour Prévert, Nan et son attente, Max et son bateau, Morgane et Raphaël dans leur ambiguité, ainsi que les enfants qui traversent ces pages, chacun des personnages se détache sur fond de tempête intérieure et tous trouvent leur place dans le récit, se chauffent parfois les uns aux autres, s'emmêlent.

"Je ne sais pas où ils puisait cette force, de quelle part obscure lui venait ce besoin de creuser toujours plus profond. Sans concession. J'aurais voulu être capable de vivre comme il sculptait. Au sang et à la chair. "

La mer et la nature sont très présents dans ce roman, les éléments s'expriment parfois plus que les hommes, il suffit de savoir les écouter

" Il m'a prise par la main et il m'a fait toucher le tronc. L'arbre était famélique. Il m'a montré les feuilles, les bourgeons. 
Il a plaqué ses mains contre l'écorce. 
- Des arbres meurent, d'autres poussent, certains restent. 

Il écoutait battre le coeur de l'arbre. "

Et puis, il y a l'art, omniprésent avec Raphaël, le sculpteur, sa quête est fascinante et ses oeuvres se dessinent sous nos yeux avec puissance.

" L'atelier était envahi par une foule oppressante et muette, traquée par la lumière aveuglante des halogènes. La dernière sculpture trônait, soeur de toutes les autres, elle témoignait la même obsession, faire du juste avec de l'injuste, de la passion avec de la misère.
Et du désir avec de l'absence.
"

N'est-ce pas une belle définition de l'art finalement ?
 

Un roman à lire assurément. Et un auteur à découvrir sans hésiter.

" - Regarder les papillons, c'est aussi ça le bonheur.
Il est revenu poser la main sur l'épaule de son ami. - On va quand même pas tuer le bonheur, hein, Max ? "

Les Déferlantes, Claudie Gallay

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