Aucun art, semble-t-il, n'a tout à la fois réifié, aimé, idéalisé, sanctifié les femmes autant que l'"art nouveau". Il s'est épanoui dans une débauche de sensualité et de vie, avant que de pourrir dans l'horreur et la mort de la guerre. Comme si la balance de l'Histoire avait, sur un coup de tête, décidé qu'il était grand temps de mettre fin aux frivolités.
Le goût de l'architecture me vient de mon Papa qui m'a toujours appris à "regarder pour voir". J'ai bien retenu la leçon, et je ne me lasse jamais de flâner le nez en l'air pour admirer ce qui m'entoure. Il faut dire que j'ai de la chance, à Paris, la diversité architecturale est grande.
Alors un roman qui parle d'architecture forcément, je ne pouvais qu'être attirée. Vous l'aurez deviné, il est ici question d'Art Nouveau, cette période qui va de la fin du XIXe siècle au début du XXe, environ de 1880 à 1910.
De nombreux exemples sont visibles à Paris, ne serait-ce que dans les stations de métro dont les édicules art nouveau ont été conçus par le célèbre Hector Guimard. Vous pouvez voir sur ma vilaine photo ci-dessous son Castel Béranger, communément appelé Castel Dérangé par ses contemporains.
Le bâti, s'il remplissait sa fonction, sa mission, de confort, n'avait pas besoin d'exister autrement que par lui. Si tel n'était pas le cas, il fallait, au contraire, qu'il s'ornât - afin, en quelque sorte, de dérober ses insuffisances. Aussi, le progrès technique signifiait-il l'obsolescence croissante de l'ornement. Les déploiements de l'électricité, de l'eau courante, étaient les accélérateurs de sa mise à mort.
Mais quittons Paris pour Budapest où se déroule l'action de notre roman.
Lagos Ligeti, jeune architecte viennois quitte sa ville natale, et l'officine que son père pharmacien rêve de lui voir reprendre, pour s'installer à Budapest où tout est à faire. Mais les choses ne sont pas si simples quand il s'agit de changer les regards, de se faire connaître et de percer. Le jeune et ambitieux rêveur se heurtera bien entendu à beaucoup de difficultés que sa judéité ne fera qu'accentuer.
Paris XVe - Architecte Alfred Wagon - 1905
Ce roman foisonnant mêle la réalité et la fiction. On y croise des architectes connus comme Ödön Lechner (1845-1914), Gyula Partos (1845-1916), Marcel Komor (1868-1944) mais aussi Auguste Perret (1874-1954) et quelques autres, on y trouve également l'évocation de livre ou traités faisant référence dans le monde de l'architecture comme le Modern Architektur d'Otto Wagner (1841-1918), lui-même architecte viennois considéré comme un des pionniers de l'architecture moderne à qui la Cité de l'architecture de Paris à rendu un bel hommage lors d'une magnifique exposition il y a peu. Ou encore l'Art de bâtir les villes, de Camillo Sitte (1843-1903), encore un Autrichien.
Des évocations de monuments que l'on peut voir à Budapest aussi bien sûr, mais également ailleurs en Europe, ce qui a rendu ma lecture un peu longue puisque ponctuée de nombreuses recherches ! Je n'ai pas la chance de connaître Budapest.
Et bien sûr qui dit architecture dit art ! Ce n'est donc pas un hasard de croiser également dans ces pages des personnages comme Alfons Mucha (1860-1939) ou Béla Bartok (1881-1945).
Vous l'aurez compris, un roman très riche et extrêmement intéressant qui ne nécessite cependant aucun connaissance particulière pour être apprécié.
Paul Greveillac, Art Nouveau - Gallimard
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Béla Bartók : Kossuth, symphonic poem in ten tableaux Sz. 21 (1903)
I. Kossuth II. Why are you so grieved, my dear husband? III. The fatherland is in danger! IV. Formerly we had a better life... V. Then our fate changed for the worse... VI. Up and fight them! VII ...
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