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Les musardises de Parisianne

Articles avec #livres "dits"

Des livres à écouter

20 Juillet 2016, 07:00am

Publié par Parisianne

Des livres à écouter

Bonjour à tous,

Un mot pour vous tenir informés de l'actualité d'ABS Multimédias et de la mienne puisque Rama a eu la gentillesse de publier trois de mes nouvelles en livres numériques et livres audio.

Si vous êtes intéressés, vous pouvez donc trouver ces textes regroupés en un recueil sous le titre de Saisir l'Instant, sur le site d'ABS en version numérique, vous trouverez les liens vers Fnac Kobo, Amazon Kindle ou Ibook mais également en version ausio sur Audible, ou encore Book d'Oreille

 

La version audio lue par Véronique Groux de Miéri a été pour moi un grand moment d'émotion, je la remercie d'avoir su  s'approprier mes mots avec tant de talent.

Je remercie très sincèrement Rama pour le mal qu'il se donne pour diffuser nos textes et vous invite à partager son site, il y a des textes en libre écoute, et d'autres livres audio. N'hésitez pas. 

 

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Et l'été les emporta, Annie Mullenbach

26 Janvier 2015, 19:12pm

Publié par Parisianne

La Dame de l'Oise s'en est allée, nous laissant tous bien affligés.

C'est avec une grande tristesse que j'ai appris hier la disparition brutale de notre amie Annie Mullenbach dont les nombreuses nouvelles, les romans, La Dame de l'Oise, Et l'été les emporta autant que le recueil co-écrit avec Désirée Boillot et Alain Emery Au-delà des dunes, m'ont chaque fois procuré un beau moment de lecture et d'évasion.

Nous nous étions rencontrées sur des remises de prix, dans des salons ou lors de soirées de lecture mais aussi à la maison autour d'un thé pour discuter avec Jean-François Mouriot, éditeur et ami fidèle, d'un manuscrit en préparation.

Annie était non seulement une femme dynamique et terriblement sympathique mais aussi un exemple et un petit aiguillon qui ne se lassait pas de me dire " Anne, tu es auteur toi aussi, pourquoi en douter encore ? ".

Je doute toujours mais je n'oublierai pas les mots d'Annie, ceux qu'elle a prononcés, ceux qu'elle a écrit et dont certains, que j'évoque ci-dessous m'ont offert un doux partage avec une autre dame de l'Oise qui, je n'en doute pas, l'attendait à l'arrivée pour lui dire combien elle a aimé son livre.

 

Les livres d'Annie sont disponibles aux Editions du Banc d'Arguin

Le 26 janvier 2015

Voilà un livre dont je crois avoir déjà parlé sur le précédent blog mais puisque l'heure est à la relecture à voix haute, autant revenir sur ce beau récit.

Annie Mullenbach, dont vous trouverez les livres aux Editions du Banc d'Arguin, nous entraîne sur les traces de son enfance, dans les pas de l'Histoire aussi.

 

Eté 1944, dans l'Oise, un petit village au lendemain de la libération de Paris connaît, dans les derniers jours avant l'arrivée des Américains, une de ces tragédies provoquées par la folie humaine et l'armée en déroute.

La petite Annie observe sans comprendre des événements qui se bousculent et la touchent de près. Réfugiée, avec ses parents à Château-Rouge, pour fuir Beaumont-sur-Oise régulièrement victime des bombardements, la petite-fille découvre les plaisirs de la campagne et la vie au grand air.

Pourtant deux mois après leur arrivée, les maquisards multiplient les actions alors que le débarquement des alliés a déjà eu lieu en Normandie. Bon nombre de ces faits d'armes contre l'armée occupante conduiront à des représailles terribles.

Château-Rouge n'est pas épargnée.

 

Un récit écrit comme un roman, qui se lit aussi facilement qu'il se laisse écouter, pour le bonheur de chacune. Un récit qui fait ressurgir des souvenirs de cette histoire racontée par des parents, des cousins pour une autre petite fille née à la même époque que l'auteur.  

Un livre à lire sans aucun doute.

 

Et l'été les emporta, Annie Mullenbach

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Monologue pour jeune fille

9 Mai 2014, 12:33pm

Publié par Parisianne

Monologue pour jeune fille

Je devine votre regard surpris et quelque peu curieux devant le titre de cet article. Aucune facétie de ma part, le sujet est fort sérieux !

Nous avons, dernièrement, retrouvé dans une valise, pleine de trésors de famille, un petit fascicule que vous voyez ci-dessous. 

Impossible de dater précisément, il n'y a malheureusement aucune date nulle part. Avant la première guerre ? c'est probable. Célestin Bazin dont les ouvrages sont cités en page 4 de couverture semble avoir écrit dans les années 1890. Il n'est pas facile de trouver davantage d'information.

Une chose est sûre, le format de ces petits fascicules était très répandu pour l'édition de textes de chansons françaises entre la fin du Second Empire et la deuxième Guerre Mondiale. 

Le scan n'étant pas facile à lire, je vous invite à écouter ce court texte. Il suffit d'un clic sur le lien ci-dessous.

Le gros péché de Claire, de René Esse dans la collection Monologues pour jeune fille, aux éditions Eveillard et Jacquot.

 

Merci à Rama de m'avoir permis de vous offrir ces quelques lignes, un brin désuettes... N'hésitez pas à vous rendre sur son site pour écouter les divers textes mis en ligne ainsi que les facéties de Génius.

 

 

Monologue pour jeune fille
Monologue pour jeune fille
Monologue pour jeune fille
Monologue pour jeune fille

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Les mots à la bouche

17 Avril 2014, 20:12pm

Publié par Parisianne

Vous êtes nombreux à avoir remarqué qu'il était régulièrement question de livres "dits" et de lectures à voix haute, que ces lectures soient "spectacles" ou privées.

Je ne parlerai ici que de la lecture privée, c'est celle qui me concerne en tant qu'intervenant. Pour les lectures "spectacles", par le biais de l'association Textes et Voix, ou souvent au Musée Rodin, je suis simplement auditrice, et le plaisir est différent.

"Lectrice", cette activité a pris une réelle importance pour moi au point que j'ai suivi, avec un grand plaisir, un atelier de lecture à voix haute par le biais de l'Association l'Age d'Or de France. Le but était, avant tout, de me confronter à des écoutes extérieures au cercle privé dans lequel je pratiquais la lecture afin d'apprendre encore davantage et de pratiquer la lecture à voix haute.

Partager le plaisir des mots par la lecture, découvrir en duo un roman, une nouvelle, voire même un poème offre un nouveau regard sur les textes, une approche différente et une attention particulière. Permettre à une personne, qui se trouve dans l'incapacité de lire, de pénétrer un univers par la voix est une émotion que j'ai découverte dans des circonstances particulières mais qui sont aujourd'hui une nouvelle lumière. 

Mes recherches menées dans ces domaines m'ont permis de rencontrer un jeune garçon sympathique et volontaire qui a créé sa structure, ABS multimédias pour offrir au plus grand nombre un accès à la culture littéraire, sonore et multimédias ainsi que des conseils en MAO (musique assistée par ordinateur) à l'attention des non-voyants. 

Nous nous sommes rencontrés une première fois, puis une seconde pour faire une première séance d'enregistrement. Lire à quelqu'un est un exercice qui demande de l'attention mais lire devant un micro est autrement plus difficile. Il a fallu la gentillesse et la patience de Rama pour mener à bien cette première expérience.

Ce n'est pas sans une certaine émotion que je vous emmène aujourd'hui vers le site d'ABS sur lequel vient de paraître notre première collaboration. Cette courte nouvelle écrite sur le thème de la jalousie est paru le mois dernier dans la revue du Traversier dont je vous ai parlé dernièrement. Voici donc la version audio en écoute libre mise en musique par Rama lui-même. 

Nh'ésitez pas à diffuser autour de vous le lien vers le site de Rama, n'hésitez pas à écouter le facétieux génius qui répondra à des questions variées, et à parcourir la bibliothèque dont vous pouvez aisément devenir membre. Il faut simplement s'inscrire. Rassurez-vous, vous ne recevrez pas de publicités invasives, juste l'annonce des nouveautés. C'est une manière d'encourager le travail fait par Rama.

Quant à moi, je poursuis mon propre travail sur la lecture et sur la voix, avec le désir toujours plus fort de partager de nouvelles émotions.

Pour découvrir le site, c'est par . Vos commentaires et avis sont importants, n'hésitez pas. 

Merci

 

Les mots à la bouche

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La confrérie des moines volants, Metin Arditi

30 Octobre 2013, 21:18pm

Publié par Parisianne

 

Dans la série des livres lus à voix haute, celui-ci nous a particulièrement intéressées. Avant tout, il est de lecture aisée et vivante puis, le récit inspiré d'une histoire vraie est intéressant. Nous sommes, par ce livre, reparties en Russie, ce qui n'était pas non plus pour nous déplaire.

 Juillet 1937, Nikodime Kirilenko, ermite de Saint-Eustache voit arriver des novives, terrorisés. Les membres du NKVD tuent, pillent ou brûlent les églises, monastères et autres lieux de culte. Le nombre de victimes est terrifiant. De semaines en semaines, d'autres moines, arrivent tous rescapés de ces purges. Une petite communauté s'organise autour de Nikodime.

Les moines s'installent dans une vie facile qui ne plaît guère à l'ermite, lui-même en proie aux tourments de la chair. Afin d'expier ses fautes et celles de ses compagnons, Nikodime fonde la Confrérie des moines volants pour soustraire autant d'oeuvres que possibles aux massacres. Ainsi, les moines s'emploient-ils à dérober tout ce qu'ils peuvent dans les églises alentours pour soustraire les oeuvres aux barbares du régime. Un véritable trésor est ainsi entassé. Mais bientôt les voleurs sont recherchés. Nikodime disperse la communauté et cache seul les merveilles réunies. Il se livre ensuite à la police, avoue le nom d'un complice tué dans une dernière opération pour préserver les autres moines. Son secret, ainsi que les statuts de la confrérie signés de tous sont écrits dans un carnet qu'il a confié à Irina, à qui il n'a pas su résister.

Mai 2000. Mathias Marceau est encensé pour sa dernière exposition de photographies de mode mais semble absent et indifférent à l'agitation qui l'entoure. Un appel de son épouse le fait basculer. Son père vient de mourir. C'est alors qu'il découvre à sa grande stupeur ses origines russes et ce grand-père moine. Il part en Russie pour faire le jour sur cette Confrérie dont il ignore tout et comprendre l'histoire de sa famille.

Sa volonté et la complicité de Polia vont lui permettre de faire ressurgir un magnifique trésor qui finira exposé à l'Ermitage.

*******

Deux époques sont donc évoquées dans ce livre, deux époques différentes et pourtant riches de héros autant que de bourreaux. Personnages hauts en couleurs, religieux avec leurs faiblesses, hommes avec leurs secrets jalonnent ce récit qui nous tient de bout en bout. L'histoire de Nikodime (élevé au rang de martyre par le Saint Synode de l'Eglise russe en avril 2002) et sa volonté de sauver des chefs d'oeuvre nous guide pour une traversé de l'histoire de la Russie des purges staliniennes à nos jours mais toujours dans l'esprit slave, excessif jusqu'à la violence parfois.

Un très beau livre.

 

" Vous savez, reprit Polia, il m'arrive souvent d'aller à l'Ermitage voir une toile. Une seule. Par crainte de brouiller mon émotion, je ne m'arrête devant aucune autre. Je monte au salon Rembrandt et selon ma tristesse, je reste devant la toile un quart d'heure ou une heure. Elle représente une jeune femme nue, couchée sur son côté gauche. C'est Danaé. Un angelot l'arrose d'une pluie d'or, et selon la légende, c'est Zeux qui a trouvé cette ruse pour l'ensemencer. Presque toute la surface de la toile est sombre. Mais cette lumière qui illumine le corps de la femme au milieu de l'obscurité, c'est l'histoire de la Russie. Nous cherchons le drame à tout prix, pour le plaisir de la consolation. Nous voulons connaître cet aigu, quel qu'en soit le coût. Ecoutez la suite. Il y a de cela quinze ans, un fou arrose la toile d'acide sulfurique avant de la lacérer. Après une longue restauration, elle est à nouveau accrochée au musée. Ses stigmates sont visibles. Comme les nôtres. Cette toile blessée incarne tout ce qui fait notre âme. La noirceur dans laquelle nous courons comme des damnés, l'enfermement, qui est notre seconde nature, la ruse, aussi, sans laquelle nous ne pourrions pas vivre, les blessures insupportables que nous nous infligeons, et pour finir une sorte de résurrection, qui nous laisse hébétés mais vivants au milieu des morts et des gravats. "

Cathédrale Alexandre Nevski, Paris

Cathédrale Alexandre Nevski, Paris

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La maison des belles personnes, Gabriel Rolon

17 Octobre 2013, 11:36am

Publié par Parisianne

Premier roman d'un psychanaliste Argentin, La Maison des belles personnes explore cet univers de l'analyse mêlé à une histoire de meurtre.

Traduit de l'espagnol par Marianne Millon, ce roman très prenant se lit assez facilement à voix haute et nous avons été toutes les deux prises par cette histoire et impatientes d'en connaître le dénouement que nous n'avons  pressenti que dans les derniers instants.

 

Pablo Rouviot est un psychanalyste réputé dont la notoriété a fait fuir la compagne. Rouviot s'enferme dans la solitude, veillé de loin par sa secrétaire et amie Hélène et son collègue et grand ami José.

Un soir, une très belle jeune femme insiste pour un rendez-vous urgent. Pablo apprendra bien vite qu'elle est la patiente de José mais c'est à lui qu'elle vient demander de l'aider en déclarant son frère Javier irresponsable de ses actes, espérant ainsi le sauver de la prison. En effet, Javier, malade soigné en clinique psychiatrique s'accuse du meurtre de son père Roberto Vanussi.

Avant d'accepter la mission, Pablo décide de mener une petite enquête. Ses recherches le conduisent à rencontrer tous les membres de la famille, y compris Javier drogué et sous haute surveillance dans son asile, mais aussi la plus jeune des trois enfants Vanussi, Camila, jeune prodige de 13 ans pour qui la musique semble le seul moyen de résister à l'angoisse.

Pablo Rouviot découvre rapidement que Roberto Vanussi était un homme violent et déséquilibré exerçant sur sa famille une pression terrible, et un homme d'affaires puissant mêlé à de sombres histoires. Il comprend aussi rapidement que Javier a peu de chance d'être véritablement l'assassin malgré ses propres aveux.

Malgré des menaces sans équivoque, les craintes de son entourage et les doutes qui le submergent, Pablo décide cependant de poursuivre son enquête avec pour seul objectif :  la vérité.

"Cette vague, en se brisant, fait peur, et représente pour moi la force du désir de vérité qui vit en chaque personne et qui résiste à tout dès lors qu'elle se manifeste. Et ils partent tous en courant quand ils la voient arriver. Tous, à l'exception de quelques-uns qui osent l'affronter en dépit des conséquences. [...). Tu te souviens de ce que disait Hegel ? Qu'un être humain ne peut être considéré comme tel s'il n'est pas disposé à perdre la vie pour un idéal. La liberté, la Patrie, la connaissance ou la vérité, peu importe quoi, mais quelque chose dont il n'a pas besoin pour vivre et qui fait cependant de lui un homme."

Dans un récit prenant, entre enquête policière et psychanalyse, nous suivons le cheminement des uns et des autres jusqu'à la vérité violente et inattendue.

Un roman très agréable à lire en duo !

 

 

La maison des belles personnes, Gabriel Rolon

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Une femme aimée, Andreï Makine

26 Septembre 2013, 21:20pm

Publié par Parisianne

Pour cette nouvelle lecture en duo complice, nous avions arrêté notre choix sur le dernier livre d'Andreï Makine dont, pour ma part, j'aime beaucoup les oeuvres.

Pourtant, cette Femme aimée, qui retrace la vie de la Grande Catherine à la réputation sulfureuse nous a un peu surprises. Malgré la qualité d'écriture, c'est un livre inadapté à la lecture à voix haute, un peu trop compliqué pour ce genre d'exercice.

Andreï Makine n'a pas réécrit ici une énième biographie de Catherine, il a emmêlé  (devrais-je dire enlacé ?) l'histoire de cette tsarine familière de Voltaire, Diderot, Cagliostro et Casanova et celle de l'URSS déclinante et de la Russie d'aujourd'hui.

"Majesté, Monsieur Diderot !

"Cher ami ! Vous autres philosophes, vous ne travaillez que sur le papier qui souffre tout. Moi, pauvre impératrice, je travaille sur la peau humaine qui est bien plus irritable et chatouilleuse..."

Le principal protagoniste, Oleg Erdmann, un jeune cinéaste russe d'origine allemande rêve de tourner une histoire de la vie de Catherine et cherche pendant des décennies à sonder les mystères de sa vie. Un premier film sous le régime soviétique lui laisse un goût d'inachevé, un feuilleton télévisé pour faire de l'audience et de l'argent dans la Russie moderne le laisse désabusé.

"J'ai juste besoin d'un grand sujet. Tu as travaillé, autrefois, sur la vie de Catherine? C'est elle que je veux ! Non pas la momie qu'on trouve dans les bouquins d'histoire, non. Une Catherine dépoussiérée, une bombe qui nous explose à la figure !"

Le texte tantôt cru, tantôt violent ne nous épargne ni les scènes d'activités sexuelles débridées ni les crimes les plus abjectes. Pourtant, l'écriture d'Andreï Makine sait se faire poétique et c'est toujours un bonheur de le retrouver dans ce registre.

Ce livre est un cri autant qu'une quête, celle d'une harmonie entre la liberté d'être et celle d'aimer.

"Ils devinent qu'un seuil est franchi - non pas dans l'intimité mais dans la liberté de ce qu'ils peuvent faire de leur vie. Une vie qui durant toutes ces années, était dissimulée sous un flux d'inpeties, d'attentes inutiles, d'avidités, de craintes. Tout peut basculer maintenant. "

Une femme aimée, Andreï Makine

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Inferno, Dan Brown

3 Septembre 2013, 18:06pm

Publié par Parisianne

Détail portail central Notre-Dame de Paris

Détail portail central Notre-Dame de Paris

Peut-être fallait-il un zest de folie pour se lancer dans la lecture à voix haute de ce dernier roman du célèbre auteur du Da Vinci Code. Mais il faut bien un peu de folie, non ? Et nous avons été deux à nous lancer dans l'aventure. Et nous sommes deux à avoir eu le même ressenti. 

Inferno est un roman très riche en rebondissements. Trop riche en rebondissements en fait et c'est ce qui a fait que nous nous sommes toutes deux, auditrice et lectrice, assez vite essouflées. Il faut cependant reconnaître que l'histoire est bien menée et, point très positif,  le roman très documenté sur Dante et sa Divine Comédie, fil conducteur de l'énigme, mais aussi sur Florence et les arts, sur Venise également. Comme toujours, Dan Brown consacre une grande part de son récit aux explications sur le contexte historique, artistique, géographique, ce qui permet à ceux qui ont le souffle court de respirer un peu !

 

Robert Lagdon, le déjà très célèbre professeur de symbologie à Harvard, se réveille dans un hôpital à Florence. Il n'a aucun souvenir être venu en Italie et ignore d'autant plus les raisons de la véritable chasse à l'homme dont il se trouve être l'objet ainsi que les origines des terribles visions qui le hantent. Une jeune et séduisante femme médecin Sienna Brooks, l'aide à échapper à ses poursuivants et à remonter le fil de façon à découvrir l'origine du mal et de ses maux !

Lagdon comprend rapidement qu'il doit trouver et décrypter les indices permettant d'arrêter le geste fou d'un scientifique bien résolu à faire régner la paix sur terre en réduisant la population mondiale.

Par le biais d'énigmes liées à l'Enfer de Dante, les deux protagonistes poursuivis par des militaires habiles vont vivre une journée infernale...

 

Un roman divertissant et de lecture facile  mais qui nous a laissé un petit goût de déjà vu.

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La beauté m'assassine, Michelle Tourneur

4 Août 2013, 15:38pm

Publié par Parisianne

Michelle Tourneur est scénariste et romancière.

 

La beauté m'assassine est un roman chatoyant que nous avons lu en duo, la voix de l'une pour l'écoute de l'autre, avec un grand plaisir malgré parfois quelques égarements liés aux nombreux parallèles entre songe et réalité, présent et futur. 

 

Florentine est une jeune fille passionnée par la couleur, qu'elle découvre très tôt à travers un livre d'heures confié au curé et à sa soeur qui l'on recueillie dans leur presbytère normand. Seule, Florentine découvre un univers dans ce livre, elle va y plonger, cherchant à interpréter les signes dans les lames du Tarot enseignée par la soeur du curé. Elle sait que sa vie doit basculer.

" Elle a ouvert une page et lentement regardé, jusqu'à épuisement, sans songer à passer à l'autre page, les tons, tous les tons de ciels, de prairies, de manteaux, de robes, d'auréoles, de lettres en écrin d'or, papillotant devant ses yeux comme des irisations, de bulles qui n'auraient pas éclaté à l'air. […] 

Les personnages et les décors sont là, imaginés par les peintres. […] Et puis, […]c'est elle qui donne vie au livre. Elle s'aperçoit que c'est elle, et à faire ce constat, elle se fige. Hypnotisée, elle sent le flot des couleurs. […] Elle sait, elle apprend que le monde est VOIR. Voir est sa voie et peut-être davantage, elle doit poursuivre, mais comment ? "

La décision du curé de solliciter un de ses oncles en mal d'enfant pour adopter la jeune fille va bouleverser sa vie. Voilà cette enfant solitaire et sauvage plongée au coeur du Paris des années 1830. Son oncle et sa tante tiennent le Lampas Bleu, un magasin de tissus destinés à la confection des plus belles toilettes. Florentine apprend, observe, s'imprègne et s'intéresse, elle s'abreuve par le regard et parvient à s'immiscer chez un peintre, gloire naissante, maître de la couleur et de la provocation : Eugène Delacroix, qui vient de se voir attribuer par Thiers le décor du Salon du Roi au Palais Bourbon (1833). 

La peinture de Le Brun est belle, mais c'est du décor. Je n'en veux pas. Je veux une impulsion qui traverse l'espace. Un mouvement qui fouille l'âme, qui inquiète... De là naîtra l'émotion. "

Ce roman foisonne de descriptions des toiles de Delacroix et nous évoluons de fait au coeur des oeuvre du maître, La Mort de Sardanapale ou encore Les femmes d'Alger dans leur appartement sont très présentes jusqu'à prendre vie.

" Cet Orient-là n'était pas celui d'Ingres, c'était celui de ses terres profondes. Et comme il en est en amour quand, au premier effleurement, le corps de l'un reconnaît le corps de l'autre, l'Orient du voyage s'était ajusté à celui-là. "

S'il arrive de se perdre dans les retours en arrière ou les rêves de Florentine, dans l'évocation des prédictions des cartes ou tout simplement dans un Paris boueux et violent, ce roman n'en est pas moins un très agréable divertissement.

Eugène Delacroix, Babouches

Eugène Delacroix, Babouches

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Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, M.A. Shaffer, A. Barrows

31 Juillet 2013, 14:18pm

Publié par Parisianne

Derrière ce titre un peu surprenant se cache un très beau roman épistolaire, écrit par l'Américaine Mary Ann Schaffer et sa nièce Annie Barrows.

Je l'avais lu avec bonheur en 2009, je viens de le relire à voix haute pour un nouveau bonheur partagé. Ce texte se prête parfaitement à l'oralité. La brièveté des lettres, le style fluide, sa légèreté et l'intérêt de l'histoire de Guernesey sous l'Occupation font de ce roman un beau moment de lecture. N'hésitez pas, lisez-le, si ce n'est déjà fait, et si le démarrage vous semble un peu délicat, insistez :)

********

Nous sommes à Londres, en 1946, Juliet Ashton assure l'éreintante promotion d'Izzy Bickerstaff s'en-va-t-en guerre, chroniques humoristiques publiées dans un journal pendant la guerre et réunies en recueil par son éditeur et ami Sidney Stark. Ce livre rencontre un véritable succès mais Juliet éprouve le besoin de passer à autre chose et cherche l'inspiration pour un nouveau roman.

Le hasard d'un livre revendu par Juliet met entre les mains de Dawsey Adams, habitant l'île de Guernesey, un essai de Charles Lamb. Le nom et l'adresse de Juliet inscrits sur la couverture, et l'île encore privée de librairie conduisent Dawsey à écrire à la jeune femme pour lui demander l'adresse d'une librairie à Londres qui accepterait de lui procurer d'autres livres du même auteur. La jeune femme passionnée de littérature répond très spontanément à ce mystérieux correspondant.

"... je suis très heureuse d'avoir votre lettre entre les mains et de savoir mon livre entre les vôtres. Cela a été un déchirement de me séparer des Essais d'Elia, morceaux choisis. J'en possédais deux exemplaires et je manquais de place sur mes étagères. Néanmoins, je me suis fait l'effet d'une traîtresse en le vendant. Vous avez apaisé ma conscience.

Je me demande comment se livre est arrivé à Guernesey. Peut-être les livres possèdent-ils un instinct de préservation secret qui les guide jusqu'à leur lecteur idéal. Comme il serait délicieux que ce soit le cas. "

Ainsi débute une correspondance qui s'étendra rapidement à d'autres habitants de l'île, Dawsey ayant piqué la curiosité de Juliet en évoquant le Cercle Littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Guernesey.

Au fil des lettres, au fil des mois, apparaissent des personnages attachants, tous tentés d'apporter leur contribution à Juliet décidée à consacrer son futur livre à Guernesey sous l'Occupation. Et chacun des personnages lève un bout du voile sur sa propre vie mais également sur tous les drames, toutes les privations et autres épreuves endurées par les habitants de l'île.

Les plumes se libèrent, les histoires ressurgissent et les liens se tissent. Avec toujours beaucoup d'humour et de pudeur, les membres du Cercle Littéraire racontent leur vie sous le joug allemand, l'évacuation précipitée des enfants vers l'Angleterre,  l'absence quasi totale de nouvelles pendant cinq longues années. Les rapports avec les Allemands, certains barbares, d'autres simplement humains. Toute la vie de Guernesey à cette époque se dessine à travers ces personnages : Amelia, Eben, Isola, Dawsey et Elisabeth, déportée pour avoir caché et soigné un jeune esclave polonais, et dont la petite fille de 4 ans, Kit, est élevée par chacun des membres du cercle.

L'intensité des lettres donne rapidement envie à Juliet de se rendre sur place et de rencontrer vraiment ses nouveaux amis. Elle sera adoptée par tous mais les lettres continueront d'affluer, certaines choses étant pour ceux qui les ont vécues, plus aisées à écrire qu'à dire.

 

Un vrai beau roman, riche d'enseignements sur l'histoire de l'Occupation de Guernesey, sur la nature humaine et la naissance de liens très forts. Mais surtout, un roman plein de légèreté malgré un sujet très noir, ce qui rend la lecture vraiment plaisante.

Victor Hugo par Rodin

Victor Hugo par Rodin

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