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Les musardises de Parisianne

Michel Déon, Les Poneys sauvages

20 Septembre 2020, 14:54pm

Publié par Parisianne

Gallimard, Michel Déon Les Poneys sauvages, 1970

Gallimard, Michel Déon Les Poneys sauvages, 1970

Ma bibliothèque regorge de livres plus ou moins vieux et de provenances diverses, souvenirs de famille, présents ou achats chez des bouquinistes ou en brocante.

Je me suis décidée dernièrement à regrouper la collection Blanche de Gallimard que j'aime beaucoup en raison de son élégante sobriété. Et pour la fête des mères, mes garçons m'ont offert un lot déniché chez un antiquaire, je l'avais repéré en passant, attirée par les noms d'auteurs, beaucoup ayant eu le prix Goncourt, et quelques autres. Cette variété m'a offert de belles découvertes pendant l'été. 

Les Poneys sauvages de Michel Déon en font partie. J'étais persuadée d'avoir partagé avec vous ma lecture du célèbre Taxi mauve, l'an dernier, il n'en est rien ! Je vous invite donc simplement à le lire ou le relire, et éventuellement à regarder le superbe film avec l'inoubliable Philippe Noiret, l'énigmatique Charlotte Rampling et bien sûr Peter Ustinov et Fred Astaire même si le film est un peu loin du livre à mon goût.

Les Poneys sauvages est un roman d'un tout autre genre même si certains paysages sont familiers

Heureusement, il y avait eu les réveils dans l'auberge de Miss Rose Huntington, à Calgate, et les poneys sauvages broutant l'herbe humide de rosée dans la clairière, un monde pur et préserver qui lavait les corps et les cœurs...

Il s'agit là d'une traversée de notre histoire depuis l'avant deuxième guerre mondiale jusqu'aux années 70, vue par cinq jeunes gens qui se sont connus à Cambridge, trois britanniques et deux français, dont le narrateur qui est un témoin un peu extérieur et écrit leur histoire.

Michel Déon, Les Poneys sauvages

Entre récit et correspondances, la vie tumultueuse des quatre principaux protagonistes et de leur professeur retiré dans sa campagne anglaise se déroule sous nos yeux. Nous traversons ainsi la Seconde Guerre Mondiale, mais aussi la guerre froide, la guerre d'Algérie dans le portrait d'une société en pleine mutation portée par ses contradictions et ses renoncements.

Qu’avez-vous besoin de vous promener partout dans le monde pour vous assurer de ce que vous savez déjà depuis toujours : que les hommes sont bêtes et méchants, et que c’est pour cela que Dieu (que les Dieux aient Son âme !) n’a pas voulu qu’ils fussent immortels.

Les personnages sont très forts, chacun dans un genre particulier, l'amitié tient un rôle essentiel malgré des convictions parfois très différentes.

Le style d'une grande fluidité rend la lecture agréable et le récit reste par certains côtés très actuel. 

Partout dans le monde, il devenait de plus en plus difficile d'exprimer une vérité qui ne cadrât avec aucune politique. Il était possible que la vérité ne servît plus à rien, sinon à fausser des rapports de force, autre vérité profonde dont, un jour, sortirait un nouvel équilibre, une nouvelle paix qui n'auraient rien à voir avec notre conception abstraite de la Justice et nos ridicules amours-propres.

Et pour finir une dernière citation. Toute ressemblance...

Un roman de 1970 !

L'homme n'est pas de taille à lutter. La civilisation l'a rendu plus grand, plus fort, moins laid, mais aussi plus vulnérable aux épidémies d'origine inconnue. Il peut se battre contre un lion, un tigre, contre son semblable, mais quand un virus l'attaque, il a la fièvre, les jambes molles, le cœur chancelant et il se couche. Son courage ne lui sert plus à rien.

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Quichottine 21/09/2020 10:47

Une actualité terrible... c'est tellement vrai !
C'est un auteur que j'ai peu lu mais que j'ai apprécié.
Passe une douce journée. Merci pour le partage.